L’arbuste en feu
On dit que les nomades mâchaient les fruits de l'Arabica depuis toujours. Il paraît que l'on en doit la torréfaction à Kaldi, un jeune berger. Ayant constaté que ses chèvres avaient un comportement très agité et qu'elles sautaient partout, il apporta le buisson de caféier qu'elles avaient mangé à des moines pour leur demander conseil. Ceux-ci jetèrent l'arbuste au feu sans avoir trouvé d'explication et furent enthousiasmés par l'odeur des grains de café grillés.
La Mecque
A partir de 1500, la Mecque fut le lieu de pèlerinage pour découvrir le moka. Et chaque pèlerin répandait le mythe de l'Arabica. D'autant plus que le vin, frère de l'ivresse des sens, était interdit aux musulmans. L'Arabica s'imposait donc partout : en Asie Mineure, en Syrie, en Égypte, à Damas et Alep. L'Arabica, cultivé en terrasse, venait du Yemen et de là il partit pour l'Europe
La marche triomphale en Europe
Les humanistes furent les premiers à mentionner le café, puis toutes les connaissances sur le café furent englouties dans les remous des guerres de religion européennes. Le café refit surface dans les temps de paix : en tant que boisson des riches, aux côtés du thé et du chocolat. Pourtant, le pape Clément VIII dut le prendre sous sa protection : il passait pour une potion magique musulmane et on voulait l'interdire.
Par-delà le monde
L'Arabica s'imposa comme boisson en Europe. Les Portugais et les Hollandais le propagèrent comme plante dans le monde, souvent sur des chemins plein d'aventures comme le fit Gabriel Mathieu de Clieu encore en 1723. Le capitaine construisit pour son caféier une serre en verre lorsqu'il embarqua pour la Martinique. Lors de ce périple difficile, il partagea ses dernières rations d'eau avec la délicate petite plante. Et il réussit - des boutures directes se trouvent actuellement en Jamaïque, au Mexique et aux Philippines, par exemple.